Comité de prospective de la CRE

ÉCLAIRER L’AVENIR

Le 17 octobre 2017 est une date clé dans la vie de la CRE avec le lancement du comité de prospective. Répondant à une volonté forte du Président Carenco, il a été créé afin de définir, analyser et comprendre les enjeux de l’énergie de demain. Les acteurs présents ont tous unanimement salué cette initiative.

Le comité de prospective est doté d’une gouvernance portée par Jean François Carenco, Président, Dominique Jamme, conseiller du Président et Jean-Laurent Lastelle, commissaire référent.

Brice Bohuon, Directeur Général de la CRE a rappelé que « le rôle de la CRE est de créer les conditions d’un dialogue et d’éclairer les points de vue ».

Le comité de pilotage, constitué de 37 membres, rassemble des acteurs majeurs du secteur de l’énergie, des intellectuels, des représentants du monde académique et des représentants des territoires.

Mais qu’est-ce que la prospective ? Elle consiste à réaliser des diagnostics, souvent à élaborer des scénarii (tendanciels et alternatifs) et à émettre des recommandations en terme de politiques publiques.

Il apportera son expertise au Collège de la CRE mais aussi à tous les acteurs du secteur ainsi qu’aux membres du Gouvernement et du Parlement. Pour ce faire, trois groupes de travail ont été mis en place.

Parmi les outils et processus d’aide à la décision qu’implique la transition énergétique, la prospective occupe une place centrale. En effet, l’évolution du monde de l’énergie mérite d’être abordée en prenant la pleine mesure des défis à relever. Il est essentiel de savoir se questionner sur les politiques énergétiques à élaborer dans un contexte de lutte contre le changement climatique.

« Le monde de l’énergie est d’abord bouleversé par l’exigence planétaire d’une action résolue vers la transition énergétique. Ensuite, notre époque est dominée par les effets qui résultent de la révolution numérique et par l’émergence des énergies renouvelables »

Cette déclaration de Jean-François Carenco prouve qu’il faut intégrer les réflexions énergétiques à une vision globale des évolutions qui construisent le monde actuel et celui de demain.

Le comité livrera ainsi aux pouvoirs publics un travail concret sur des transformations majeures et futures. « Le monde de l’énergie est tellement complexe qu’il faudra être à l’écoute de tous les acteurs, souligne Cédric Villani Député de l’Essonne. De la façon de s’approprier ces sujets découleront les tendances ». Eclairer et justifier les choix du présent et du futur, c’est ce que fera le comité.

Mais il sera avant tout tourné vers le consommateur.

« L’épicentre du marché de l’énergie se déplace vers le consommateur » explique Cécile Maisonneuve, Présidente de la Fabrique de la cité. Il permettra donc de mettre en place des actions pédagogiques destinées aux consommateurs et d’identifier leurs habitudes, idées reprises par Dominique Jamme : « Il nous faut travailler collectivement, penser consommateurs et éclairer les tendances. »

« Nous allons créer des passerelles et donner des clés de compréhension sur un sujet passionnant. Nous faisons aujourd’hui le pari de l’audace et de l’intelligence, le pari d’être ensemble alors que l’aventure commence ! » déclare Jean-Laurent Lastelle Commissaire référent.

Le comité tentera de percevoir les ruptures et imaginera les transformations industrielles et technologiques à venir. Comme le rappelle Jean-Bernard Levy Président d’EDF : « Donner un éclairage à long terme sur le marché est fondamental ».

La CRE est depuis toujours favorable à l’innovation. Elle en sera la clé de voûte dans un marché où les opportunités technologiques ouvrent le champ des possibles.

 

Trois groupes de travail (GT) sont organisés :

  • « GT Mix énergétique », coprésidé par Olivier Appert, Président du Conseil français de l’énergie et Olivier Pérot, Président de France énergie éolienne ;
  • « GT Réseaux et systèmes énergétiques », coprésidé par Frédéric Gonand, Professeur d’économie à l’Université Paris Dauphine et Ghislain Lescuyer, Président de Saft ;
  • « GT Consommateur et société », coprésidé par Cécile Maisonneuve, Présidente de La Fabrique de la Cité, et Jean Bergougnoux, Président d’Equilibre des énergies et ancien directeur général d’EDF.

Chacun des membres du comité de pilotage peut participer à un, deux, ou trois groupes de travail. Il peut également proposer la participation d’un tiers à un ou plusieurs groupe(s).

Le groupe de pilotage a proposé les trois thèmes suivants pour les travaux initiaux des GT :

  • la mobilité propre ;
  • le stockage d’énergie ;
  • le consommateur d’énergie et le numérique.

Chaque groupe de travail sera autonome et déterminera son propre programme de travail

Nous suivrons dans les prochains articles de Décryptages l’avancée des travaux.

Plus d’informations sur prospective.cre.fr

3 questions à Dominique JAMME

Vous êtes secrétaire général du comité de prospective, pourquoi un comité de prospective à la CRE ?

Le lancement du Comité de prospective est une idée du Président Carenco. Le lancement le 17 octobre dernier, en présence de tous les acteurs du secteur, a montré qu’il y avait une attente forte pour une initiative de ce type. Pour ma part, j’ai occupé différentes fonctions à la CRE et je pense que le travail de régulation doit être enrichi par ce type de réflexions.

Le comité aura un double objectif : d’une part identifier et analyser les tendances fortes et les changements à venir et d’autre part faire un travail collectif qui mobilisera tous les acteurs clés du secteur et devra servir à éclairer notre société. Il est impératif d’avoir à l’esprit que l’énergie est avant tout un sujet de société.

Parlez-nous des thématiques abordées ?

Pour penser les thématiques, nous avions un prérequis indispensable : identifier les sujets importants sur les prochaines décennies qui vont bouleverser le marché de l’énergie. Une fois cette étape validée, 3 sujets ont émergé.

La mobilité propre : la façon dont nous nous déplaçons est un enjeu sociétal en tant que tel. Il s’agit de regarder comment la transformation de la mobilité qui s’annonce interagira avec nos systèmes énergétiques avec, par exemple, les batteries de véhicules électriques.

Le stockage de l’énergie : le stockage de l’énergie a toujours été un enjeu. Les technologies évoluent rapidement et les coûts pour stocker l’électricité baissent très fortement (ils ont été divisés par 4 ces dernières années et vont continuer à diminuer). Nous devons réfléchir à ce que cela engendrera dans le système énergétique de demain.

Le consommateur d’énergie et la transformation numérique : Le déploiement des compteurs évolués est la brique de base des évolutions numériques. La transformation numérique donnera plus de poids de décision aux consommateurs qui le voudront. L’autoconsommation l’illustre parfaitement. Des services commerciaux nouveaux et innovants vont se développer, en lien par exemple avec la domotique, la mobilité électrique ou l’appétence pour les circuits courts des consommateurs.

Sur tous ces sujets, il s’agira d’analyser les possibilités offertes par les technologies numériques, mais aussi les dangers objectifs et les freins à lever, qu’ils soient techniques ou psychologiques.

Quelles sont vos attentes par rapport aux groupes de travail ?

On observe dans les groupes une très bonne dynamique des acteurs qui souhaitent contribuer à la construction d’une vision partagée du monde de l’énergie. Les groupes de travail doivent maintenant travailler, leurs résultats seront le fruit de ces dynamiques collectives.

D’ici 10 ans, le système énergétique va vivre une accélération qu’il n’a jamais connue depuis ces 40 dernières années. Il sera fondamental de faire de la pédagogie pour éclairer l’ensemble des parties prenantes.

Les groupes de travail pourront faire des recommandations au régulateur, et pourquoi pas au gouvernement et au parlement.