Smart Grid : vers l’industrialisation

Avec l’arrivée massive du numérique, la gestion des réseaux d’électricité se décentralise. Le compteur évolué, Linky, est la première pierre de ce changement ; les informations de consommation ne sont plus à sens unique, mais deviennent bidirectionnelles entre le gestionnaire de réseau et le site de consommation.

La CRE qui a défini les fonctionnalités de ce compteur de nouvelle génération technologique dans un cahier des charges publié en 2007, a pris en amont la mesure de la profonde transformation du secteur de l’énergie.
C’est ainsi que s’amorce aujourd’hui une étape décisive : celle de l’industrialisation des smart grids, compilation des nouvelles technologies de l’information produisant un nombre incalculable de données.

Pilote de ce changement, la R&D et les expérimentations qui en découlent. Ainsi se multiplient sur l’ensemble du territoire des démonstrateurs grandeur nature portés par des alliances industrielles publique/privée, des gestionnaires de réseaux, des opérateurs de nouvelles technologies et des collectivités locales. C’est à ce stade que sont testées et identifiées les innovations porteuses de valeurs nécessaires au déploiement de smart grids plutôt qu’à leur déploiement. Au même niveau, sont analysées les questions juridiques, économiques et bien entendu régulatoires pour lever les freins à un développement cohérent à grande échelle avec en ligne de mire le bénéfice du consommateur.
Chaque initiative fait l’objet d’un retour d’expérience pour lequel sont analysés les coûts par rapport aux bénéfices attendus.
Ces études sont essentielles à la mesure de la valeur prospective des différentes technologies smart grids testées en fonction de trois critères : leur maturité, la pertinence de leur modèle économique et le degré d’acceptabilité par les utilisateurs eux-mêmes.
Depuis 2012, la CRE a dénombré plus de 150 projets de démonstrateurs, dont près de 100 sont toujours en phase d’expérimentation. Ils concernent des thématiques aussi variées que la gestion de la demande, les véhicules électriques, l’intégration de la production d’électricité à partir des énergies renouvelables EnR, le stockage, les réseaux de gaz intelligents, les microgrids, la mutualisation des réseaux d’énergie ou encore le vecteur hydrogène.