3 questions à… Christine Chauvet, membre du collège de la CRE et vice-présidente de Medreg

1. Quelle a été la contribution de la CRE aux actions de l’association Medreg en 2019 ?

La CRE a profondément repensé en 2017 sa stratégie de coopération internationale afin de la développer. Cela se traduit notamment par sa participation active à l’animation de Medreg, dont j’assure la vice-présidence depuis fin 2018. L’investissement de la CRE porte tant sur la gouvernance de l’association que sur des actions de formation et de partage d’expertise. Ainsi, elle prend part à l’ensemble des groupes de travail qui structurent Medreg (électricité, gaz, renouvelables, consommateurs et institutionnel), et préside même le groupe de travail électricité avec Benoit Esnault. En 2019, la CRE a notamment accueilli la 27e réunion de ce groupe et piloté la rédaction d’un rapport sur les options réglementaires pour la stimulation des investissements dans les infrastructures énergétiques. Medreg réfléchit désormais à une convergence des travaux des groupes électricité et renouvelables, qui laissent entrevoir de nombreuses synergies.
La CRE contribue également aux actions de formation. À ce titre, elle a accueilli en septembre 2019 une formation dédiée à GasReg, le régulateur égyptien du gaz, et financée par MedReg.

2. Quels enseignements la CRE tire-telle de sa participation à Medreg ?

L’association est conçue comme un véritable lieu de débat et de partage d’expertise, qui transcende les différends géopolitiques dans la région. C’est l’occasion pour chaque régulateur des 26 membres d’y découvrir des concepts innovants, y compris pour des marchés matures. J’attire votre attention sur un exemple en particulier : la décentralisation des sources d’énergie. La CRE a beaucoup à apprendre des pays de la rive sud de la Méditerranée qui fondent largement le développement de leurs infrastructures énergétiques sur les énergies renouvelables
décentralisées. Comme la France, qui est dotée d’un système énergétique historiquement centralisé, ils sont confrontés aux défis liés à l’intégration réussie des énergies intermittentes sur leurs réseaux.

3. Et maintenant, quels sont les objectifs de Medreg pour l’année 2020 ?

Alors qu’elle doit conjuguer une demande croissante en énergie avec la transition énergétique, la communauté méditerranéenne de l’énergie a plus que jamais besoin d’une coopération renforcée et d’harmonisation des régulations.
Dans ce contexte, la confiance renouvelée de la Commission européenne, qui a reconduit le contrat de subvention de l’association pour une durée de trois ans, est un évènement essentiel. Medreg a ainsi élaboré une stratégie pour les trois prochaines années. Celle-ci repose sur
cinq piliers : des régulateurs indépendants et compétents, un cadre régulatoire optimal pour les investissements dans les infrastructures, des marchés de l’électricité et gaz effectifs, concurrentiels et transparents, des mécanismes de protection des consommateurs efficaces et une coopération régionale toujours plus étroite entre régulateurs du pourtour méditerranéen.